Femme Kazakhe & Mariage : Traditions, Islam et Démarches pour Français 2026

Dans certaines régions du Kazakhstan, les femmes sont opprimées, les mariages arrangés et la polygamie ruinent leur vie. Mais le dur quotidien produit aussi des combattantes déterminées : voici leurs portraits.
1. Portraits de femmes kazakhes inspirantes
Ainur Jespenowa a étudié la psychologie et est présentatrice à la chaîne “Hit TV”. Cette jeune femme de 30 ans est ambitieuse et engagée. Elle montre aux jeunes filles du Kazakhstan qu’une femme peut être indépendante - et réussir justement grâce à cela.
Elle se tient dans une rangée avec la milliardaire Karlygash Malkenova, 48 ans, qui a défié la tradition, divorcé, s’est remariée et a ensuite construit tout un empire commercial par ses propres moyens.
Deux femmes impressionnantes, comme Dzhanskaya Abdumalik, 15 ans, un génie des échecs, rationnel, analytique, travailleur, pour qui aucun défi n’est trop grand. “J’aime regarder mon adversaire dans les yeux. Ça me permet de mieux le comprendre”, dit Abdumalik.
Le prix que les trois femmes kazakhes paient pour leur succès est élevé. Le grand maître d’échecs est entraîné par son père, transformée en icône nationale. Malkenova a souffert de la faim dans son enfance au village et s’est battue pour gravir les échelons. Ce n’est que lorsqu’elle s’est débarrassée de son premier mari que le succès s’est installé. La belle Ainur aussi a dû rompre son mariage pour pouvoir travailler.
2. Les femmes au Kazakhstan : nostalgie et répression

Ce sont des exceptions dans un pays majoritairement musulman où il est socialement accepté que les femmes soient mariées à des étrangers à un jeune âge, qu’elles cessent de travailler, qu’elles aient des enfants et qu’elles supportent l’apparition d’une deuxième ou troisième épouse. Pour mieux comprendre la condition des femmes dans l’espace post-soviétique, il est utile de comparer avec la situation en Russie et en Asie centrale. “Terpi !” (“Tiens bon !”), murmurent les grands-mères à l’oreille de toutes celles qui souffrent, depuis des générations.
“Après le mariage, la femme est une personne différente”, résume le photographe Mancini. “Sa vie est terminée dès qu’elle a des enfants.”
“Avant, tout le monde se taisait sur la violence domestique”, se souvient Gulnar Bekenova, de l’Association des femmes du Kazakhstan. Les droits des femmes ne sont devenus un problème que depuis l’indépendance en 1991. “Aujourd’hui, au moins, le problème est reconnu”. Mais pas résolu. Il y a également beaucoup de travail à faire en matière d’éducation sexuelle. “Les femmes tombent enceintes et avortent en secret, et cela continue d’être un tabou.”
La polygamie a été pratiquée pendant des siècles dans la culture nomade du Kazakhstan. Bien que les bolcheviks l’aient interdite en 1921, et qu’elle ne soit toujours pas autorisée par la loi, elle ne constitue plus une infraction pénale depuis 1988. Et tout imam peut célébrer des mariages dans la mosquée sans document civil.
Selon les sondages, environ 40 % des hommes kazakhs sont favorables à la légalisation de la polygamie. Près de trois quarts des femmes s’y opposent. En mai 2008, un groupe de députés a introduit un projet de loi en ce sens au Parlement. L’initiative a été rejetée, mais la polygamie reste une réalité, surtout dans les zones rurales du sud du pays.
Souvent, la décision d’avoir une deuxième ou troisième épouse est moins motivée par la religion que par une question de statut. “La religion et la moralité ne sont utilisées que comme prétexte par de nombreux hommes”, déclare Gulzi Nabi de la Fondation Friedrich Ebert à Astana. “En gros, les hommes veulent maintenir le statu quo parce que ça les arrange.”
3. Machisme kazakh
Un machisme pur et simple se dégage de nombreux discours de défense de la polygamie. En février 2011, le candidat à la présidence Amantay Asilbek a déploré que le nombre croissant de femmes célibataires au Kazakhstan soit “une tragédie nationale car nous perdons des mères potentielles”. Sa solution ? La polygamie, quoi d’autre.
Asilbek a dû se passer de concubine, et de toute façon de la présidence, car Nursultan Nazarbayev a remporté les élections de 2011 avec officiellement 95,5 % des voix.
Le débat sur l’égalité de traitement des femmes au Kazakhstan dure depuis l’indépendance. Des plans d’action visant à mettre en oeuvre l’égalité des sexes ont été élaborés, et le gouvernement a signé des accords internationaux. Mais beaucoup est resté une déclaration d’intention. En ce qui concerne l’indice d’inégalité entre les sexes, le Kazakhstan se classe 56e sur 188.
4. Une “idée perverse de la relation”
Selon la loi, toute discrimination fondée sur le sexe, l’âge, l’orientation sexuelle ou l’origine ethnique est illégale au Kazakhstan. Dans la pratique, les mariages polygames sont en augmentation, et le taux de fécondité est passé de 1,8 à 2,73 au cours des 15 dernières années.
Il existe des femmes qui sont satisfaites de leur statut de “tokal” (seconde épouse). Elles bénéficient généralement de leur propre appartement, d’une voiture et d’un entretien mensuel. Toutefois, si la relation est rompue ou si le mari décède, la pension alimentaire n’est pas garantie.
Les “Baibische” (premières épouses) ne sont souvent pas mieux loties. Après le déplacement de la capitale d’Almaty à Astana en 1997, de nombreux travailleurs ont laissé leur famille et cherché de nouvelles épouses. Les premières épouses se retrouvaient souvent sans argent ni emploi.
Si la polygamie est tolérée chez les hommes, les femmes qui se marient une seconde fois sont stigmatisées. Gulnar Bekenova, militante des droits des femmes, sait qu’elle a beaucoup de travail : “On a affaire à une idée assez perverse de la relation.” Cette réalité pousse d’ailleurs de nombreuses femmes d’Asie centrale à chercher un partenaire plus respectueux de l’égalité, notamment via des rencontres avec des hommes occidentaux.
Questions fréquentes

La polygamie est-elle légale au Kazakhstan ?
Non, la polygamie n’est pas légale au Kazakhstan. Les bolcheviks l’ont interdite en 1921, et elle n’est toujours pas autorisée par la loi aujourd’hui. Cependant, elle ne constitue plus une infraction pénale depuis 1988, et tout imam peut célébrer des mariages religieux sans document civil. La polygamie reste une réalité, surtout dans les zones rurales du sud du pays.
Quel est le statut des femmes au Kazakhstan ?
Le Kazakhstan se classe 56e sur 188 pour l’indice d’inégalité entre les sexes. Selon la loi, toute discrimination fondée sur le sexe est illégale, mais dans la pratique, les mariages polygames sont en augmentation et les traditions patriarcales restent fortes, surtout en zone rurale. Des femmes kazakhes exceptionnelles réussissent malgré tout dans les affaires, les médias et le sport.
Quelle est l’opinion des Kazakhs sur la polygamie ?
Selon les sondages, environ 40 % des hommes kazakhs sont favorables à la légalisation de la polygamie. En revanche, près de trois quarts des femmes s’y opposent. En 2008, un projet de loi en ce sens a été introduit au Parlement mais rejeté. La décision d’avoir plusieurs épouses est souvent davantage liée au statut social qu’à la religion.
Mariage avec une femme kazakhe : démarches pour un homme français
S’engager dans un mariage franco-kazakh est une aventure administrative et culturelle qui mérite d’être bien préparée. Voici les étapes clés pour un homme français souhaitant épouser une femme du Kazakhstan.
Documents à préparer côté kazakh
La future épouse kazakhe devra fournir, traduits et légalisés : son acte de naissance, son éventuel jugement de divorce (si applicable), et un certificat de célibat délivré par les autorités kazakhes. Ces documents doivent être apostillés (le Kazakhstan est signataire de la Convention de La Haye) et traduits en français par un traducteur assermenté.
Démarches en France
Le futur époux français dépose le dossier de mariage à la mairie de son domicile. La mairie transmettra le dossier au Parquet du Tribunal judiciaire compétent, qui vérifiera l’authenticité des documents étrangers. Ce processus prend généralement 4 à 8 semaines. Une fois l’avis favorable obtenu, la publication des bans est affichée pendant 10 jours, puis la cérémonie peut avoir lieu.
Le visa pour la femme kazakhe
Si la cérémonie a lieu en France, la future épouse kazakhe devra obtenir un visa de court séjour (visa Schengen de type C) pour entrer sur le territoire français. Après le mariage, elle pourra demander un visa long séjour de conjointe de ressortissant français (VLS-TS) auprès du consulat français à Almaty ou Astana.
Aspects culturels à anticiper
La famille joue un rôle central dans la culture kazakhe, et l’accord familial est moralement important même si non juridiquement requis. Le kalym (dot symbolique) peut être demandé par la famille de la mariée. Les cérémonies de mariage kazakhes durent souvent plusieurs jours et mêlent traditions nomades et pratiques islamiques — une richesse culturelle à découvrir et à intégrer dans la planification du mariage.
Après le mariage : intégration et titre de séjour
La conjointe kazakhe d’un Français obtient, après le mariage, le droit de demander une carte de séjour « vie privée et familiale » d’un an, renouvelable. Après 3 ans de mariage (ou 4 ans sous certaines conditions), elle peut demander la naturalisation française.
Comment se marier avec une femme kazakhe en France ?
Le processus pour épouser une femme kazakhe en France comprend : réunir les documents kazakhs apostillés (acte de naissance, certificat de célibat), les faire traduire par un traducteur assermenté, déposer le dossier à la mairie française, attendre l’avis du Parquet (4-8 semaines), puis procéder à la cérémonie civile. La conjointe kazakhe doit entrer en France avec un visa Schengen valide.
Quelles sont les démarches pour un visa de conjointe kazakhe en France ?
Après le mariage en France, la conjointe kazakhe doit demander un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) auprès du consulat français au Kazakhstan. Ce visa est accordé sur présentation du livret de famille français, des justificatifs de ressources du conjoint français et d’un justificatif de domicile. Il est valable 1 an et permet de séjourner librement en France.
Le mariage franco-kazakh est-il reconnu en France ?
Oui, un mariage célébré selon les règles kazakhes est reconnu en France, à condition qu’il ne contrevienne pas à l’ordre public français et que les consentements des époux aient été librement exprimés. Il est recommandé de faire transcrire le mariage au registre consulaire français si la cérémonie a lieu au Kazakhstan, pour faciliter les démarches administratives ultérieures.
Quelles traditions observer lors d’un mariage avec une femme kazakhe ?
Les traditions de mariage kazakhes incluent le shashu (dispersion de bonbons et de pièces pour la prospérité), la cérémonie de demande en mariage (kuda tüsü), le kalym (dot offerte à la famille de la mariée), et la bata (bénédiction des anciens). Ces rituels varient selon les régions et le degré de pratique islamique de la famille. Le blanc n’est pas la couleur traditionnelle : les tenues de mariage kazakhes arborent souvent le rouge et le blanc à la fois.
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