Caractère femme russe et ukrainienne : interview psychologue
Ce portrait éditorial est une synthèse de plusieurs entretiens menés au cours de l’année 2026 avec Marina Volkova, psychologue clinicienne à Paris, spécialisée dans les couples interculturels franco-slaves. Les noms des patients évoqués ont été modifiés.
Claire Vasseur, journaliste senior à la rédaction de Russie France Mariage, l’a rencontrée dans son cabinet du 15e arrondissement pour parler de ce qui fascine, déroute et parfois blesse les hommes français qui s’engagent avec une femme russe ou ukrainienne : leur caractère.
Marina Volkova
Psychologue clinicienne, Paris (15e)
Spécialisée dans les couples interculturels franco-slaves depuis 15 ans, elle accompagne des dizaines de couples chaque année dans leur adaptation mutuelle. Elle anime également des ateliers sur la communication interculturelle.
En douze ans de terrain à la rédaction de Russie France Mariage, Claire Vasseur a recueilli des centaines de témoignages d’hommes français en couple avec des femmes slaves. Un fil rouge revient systématiquement : la difficulté à lire le caractère de leur partenaire, à distinguer ce qui est culturel de ce qui est personnel, à ne pas projeter des attentes nourries par des clichés souvent contradictoires. Cette interview tente d’y répondre avec nuance.
Le mythe de la "femme russe froide" : d'où vient-il ?
Claire Vasseur : Marina, je commence par le cliché le plus répandu. On entend souvent que les femmes russes sont froides, distantes, peu expressives émotionnellement. Est-ce qu'il y a une part de réalité là-dedans, ou c'est une projection occidentale ?
Marina Volkova : C'est un mythe construit sur un malentendu culturel profond. Les femmes slaves ont une vie émotionnelle extraordinairement riche — je le vois chaque semaine en consultation. Mais elles ont grandi dans une culture où l'expression publique des émotions, surtout les émotions intimes, est perçue comme une forme de vulnérabilité excessive. Ce n'est pas de la froideur, c'est de la pudeur.En Russie comme en Ukraine, on ne dit pas “je t’aime” à chaque appel téléphonique. On le montre. On prépare un repas qui prend trois heures. On garde son téléphone allumé toute la nuit si son compagnon est malade à l’autre bout du monde. On repasse ses chemises même si personne ne le demande. Ce sont des langages affectifs différents, pas une absence d’affection.
Le problème vient souvent du fait que les hommes français attendent une expressivité verbale et gestuelle qu’ils connaissent chez leurs compatriotes. Quand cette expressivité n’arrive pas, ils interprètent l’absence comme un signal négatif. C’est une erreur de lecture, pas une réalité.
J’ajouterais que la “froideur” perçue disparaît presque toujours dans l’intimité du couple, une fois la confiance construite. C’est une paroi extérieure, pas un caractère fondamental.
Famille et maternité : l'héritage soviétique pèse-t-il encore ?
Claire Vasseur : On dit souvent que les femmes russes sont très attachées à la famille, à la maternité, que cela vient de l'éducation soviétique. Est-ce encore vrai pour les générations actuelles ?
Marina Volkova : Partiellement vrai, et en train de se transformer rapidement. L'héritage soviétique a en effet créé une figure de femme paradoxale : très présente dans la sphère professionnelle — les URSS avait des taux d'emploi féminins parmi les plus élevés du monde — mais aussi garante de la cohésion familiale à la maison. La double charge. Ce n'est pas si différent de ce que vivaient les Françaises dans les années 70, en fait.Ce qui persiste aujourd’hui, c’est une valorisation forte de la relation mère-enfant, une idée que le foyer est un espace sacré à construire et à protéger, et un rapport au temps long — on planifie, on ne vit pas au jour le jour sentimentalement.
En revanche, l’idée que les femmes russes de 25-35 ans ne rêvent que de mari et d’enfants est fausse. Mes patientes ukrainiennes et russes sont souvent plus diplômées que leurs compagnons français, ont des projets professionnels précis, et vivent très mal d’être réduites à un projet marital. Le mariage reste important, mais c’est une composante parmi d’autres, pas une finalité unique.
Ce qui a changé aussi, c’est la relation à la mère. La mère russe reste un personnage central émotionnellement — on en parlera — mais les femmes de moins de 35 ans revendiquent davantage leur autonomie vis-à-vis de ce modèle.
Communication directe vs indirecte : comment éviter le choc culturel ?
Claire Vasseur : Les hommes français que j'interviewe décrivent souvent un choc sur la communication. Les femmes slaves seraient soit trop directes, soit au contraire incompréhensibles dans leurs silences. Qu'est-ce qui se passe vraiment ?
Marina Volkova : Les deux observations sont justes et elles ne se contredisent pas. Les femmes slaves peuvent être très directes sur des sujets pratiques — elles disent clairement ce qu'elles pensent d'un appartement, d'un emploi, d'une décision financière. Elles n'ont pas la culture française du "peut-être" poli qui en fait n'est jamais un vrai peut-être. Elles disent non quand c'est non.Mais sur les sujets émotionnels intimes, elles pratiquent souvent le silence signifiant. Un silence qui attend d’être percé. Un retrait qui espère être remarqué. C’est une forme de communication indirecte sur les blessures et les besoins affectifs. Et là, les hommes français, habitués à ce qu’on verbalise les problèmes, ne reçoivent pas le signal.
Le résultat, c’est qu’on a des couples où le homme dit “elle ne me dit jamais ce qui va pas” et la femme dit “il ne voit jamais quand quelque chose ne va pas”. Les deux ont raison selon leur référentiel.
Ce que je conseille systématiquement : apprendre à nommer ce qu’on observe. Pas “tu as l’air fâchée”, mais “je sens qu’il y a quelque chose entre nous, est-ce qu’on peut en parler ?” Ça crée une ouverture sans forcer la verbalisation immédiate.
Il faut aussi comprendre que le silence slave n’est presque jamais de la froideur. C’est souvent de l’attente, de la réflexion, ou une façon de protéger quelque chose de fragile. Donnez le temps, et montrez que vous avez remarqué.
Rapport au temps et aux décisions : patience ou attente ?
Claire Vasseur : Vous mentionnez le temps. Les hommes français décrivent parfois leurs compagnes slaves comme très patientes sur certains sujets, mais soudainement impatientes sur d'autres. Y a-t-il une logique ?
Marina Volkova : Oui, et elle est assez cohérente une fois qu'on la comprend. Les femmes slaves ont tendance à attendre longtemps sur les décisions qui impliquent leur loyauté — elles ne quittent pas facilement, elles ne changent pas de partenaire à la légère, elles donnent beaucoup de chances. C'est ce que les hommes perçoivent comme de la patience.En revanche, une fois qu’une limite est atteinte — et souvent elles n’ont pas verbalisé clairement cette limite — la décision est prise et elle est définitive. Il n’y a pas de “parlons-en encore”. C’est ce que les hommes vivent comme une impatience soudaine, voire un revirement incompréhensible.
Ce que j’observe aussi, c’est un rapport au “non-dit” très différent. En France, on est dans une culture où l’explicitation est la norme dans les relations de couple. En Russie et en Ukraine, beaucoup de choses sont censées se comprendre sans être dites — le partenaire est supposé deviner, ressentir, anticiper. Quand il ne le fait pas, c’est vécu comme un manque d’attention ou d’amour, pas comme un manque d’information.
Cela demande une adaptation des deux côtés. L’homme français doit apprendre à être attentif aux signaux non verbaux. La femme slave doit apprendre que l’homme français n’est pas maladroit par indifférence — il attend qu’on lui dise explicitement.

Intimité et séduction : les clichés tiennent-ils la route ?
Claire Vasseur : Abordons un sujet que les lecteurs posent souvent : l'intimité. On trouve encore des requêtes comme "comment sont les femmes russes au lit" sur Google. Que répondre à cela ?
Marina Volkova : Je vais répondre sérieusement à une question qui mérite de ne pas être esquivée. Ce qu'on peut dire, c'est que la sexualité slave est généralement vécue dans un cadre de confiance construit. Elle ne se dissocie pas facilement de l'investissement affectif global. Ce n'est pas de la rigidité, c'est une forme d'intégrité entre ce qui se passe émotionnellement et ce qui se passe physiquement.Les femmes slaves avec qui je travaille décrivent souvent une sexualité qui s’épanouit quand elles se sentent en sécurité, valorisées et désirées de façon respectueuse. Ce qui ne correspond pas forcément aux fantasmes véhiculés par certains contenus en ligne sur les “femmes de l’Est”.
Il y a une tromperie dans l’image de la femme slave hypersexualisée et docile. Cette image nourrit des projections qui créent des déceptions dans les deux sens : l’homme qui arrive avec des attentes fantasmées, la femme qui se retrouve objectifiée plutôt que reconnue. Les couples qui fonctionnent bien sont ceux où l’intimité physique est construite sur une communication réelle, pas sur des stéréotypes.
Ce que je peux dire sans ambiguïté : une femme slave qui fait confiance à son partenaire, qui se sent en sécurité et désirée pour ce qu’elle est — pas pour ce qu’un fantasme culturel projette sur elle — est généralement une partenaire très investie affectivement et physiquement. La réserve initiale est une protection, pas une limite permanente.
Consultez aussi notre article sur les différences entre femmes russes et ukrainiennes pour mieux comprendre les nuances de profil.
Femmes russes vs ukrainiennes : des identités qui se sont séparées
Claire Vasseur : Depuis 2022 et le début du conflit, est-ce qu'on peut encore parler de "femmes slaves" comme d'un ensemble homogène ? Comment les identités russe et ukrainienne ont-elles évolué ?
Marina Volkova : C'est une question que je considère désormais comme fondamentale dans mon travail. Non, on ne peut plus parler de "femmes slaves" comme d'un ensemble homogène — et honnêtement, c'était déjà discutable avant 2022. Les différences entre Russes et Ukrainiennes existaient culturellement et linguistiquement depuis longtemps, même si elles étaient souvent minimisées à l'Ouest.Depuis 2022, l’identité ukrainienne s’est affirmée avec une intensité que je n’avais jamais vue auparavant. Mes patientes ukrainiennes vivent très mal d’être assimilées à des Russes. C’est une blessure profonde. Le mot “slave” peut encore être utilisé comme référence culturelle large, mais jamais comme synonyme de russe ou d’ukrainien.
Sur le plan psychologique, ce que j’observe dans les couples : les femmes ukrainiennes qui sont arrivées en France depuis 2022 portent souvent un deuil complexe — leur pays, leur famille restée là-bas, une normalité perdue. Cela colore tout : la communication, l’intimité, le rapport à l’avenir. Ce n’est pas du caractère à proprement parler, c’est un contexte de vie.
Les femmes russes en France, de leur côté, vivent souvent une tension entre leur culture d’origine et la façon dont la Russie est perçue en Europe. Certaines se taisent sur leurs origines pour éviter les jugements. D’autres portent cela avec une grande dignité. Dans les deux cas, le compagnon français doit comprendre qu’il y a une complexité géopolitique qui entre dans le salon, et qu’il faut la traiter avec délicatesse.
Pour approfondir ce sujet, notre dossier sur les caractéristiques physiques et culturelles des femmes russes et ukrainiennes offre un regard complémentaire.
Les trois phases d'adaptation en France
Claire Vasseur : Vous accompagnez beaucoup de femmes slaves qui s'installent en France. Y a-t-il des phases d'adaptation typiques que vous observez ?
Marina Volkova : Oui, et elles sont assez constantes quelle que soit la personnalité. La première phase, c'est ce que j'appelle la lune de miel géographique — une période de 3 à 6 mois où tout est nouveau, où Paris est magnifique, où la douceur de vivre française est exaltante. La femme est enthousiaste, curieuse, tolérante. C'est une période qui peut tromper le compagnon sur la facilité de l'intégration.La deuxième phase est plus difficile. Le choc culturel s’installe — pas forcément sur les grandes choses, mais sur les petites. La façon française de gérer les relations amicales (moins exclusives, plus superficielles au départ), l’ironie constante qui peut sembler de la moquerie, la distance physique dans l’espace public, les repas de famille qui durent des heures mais où on parle peu de choses importantes. Les femmes slaves ressentent souvent une solitude profonde pendant cette phase, même entourées de monde.
La troisième phase — l’intégration — peut prendre de 2 à 5 ans selon les personnes. C’est une reconstruction identitaire : garder ce qui est précieux de la culture d’origine, adopter ce qui convient de la culture française, trouver sa place dans l’entre-deux. Les couples qui traversent bien cette phase sont ceux où le compagnon français comprend que cette transformation demande du temps et de l’espace, et qu’elle n’est pas linéaire.
Ce que je vois échouer souvent : le compagnon français qui interprète le repli de la phase 2 comme un problème de couple, alors que c’est un problème d’adaptation culturelle. Ce sont deux choses différentes qui demandent des réponses différentes.
Notre guide sur la vie d’une femme russe en France détaille les aspects pratiques de cette adaptation.
Conseils concrets pour un homme français qui rencontre une femme slave
Claire Vasseur : Si vous deviez donner trois conseils à un homme français qui débute une relation avec une femme russe ou ukrainienne, ce seraient lesquels ?
Marina Volkova : Premier conseil : soyez constant. Les femmes slaves sont très attentives à la cohérence entre les mots et les actes. Un homme qui dit "je tiens à toi" et annule le week-end pour une raison floue crée plus de doute qu'un homme qui dit peu mais est toujours là. La fiabilité est un langage d'amour slave majeur.Deuxième conseil : ne confondez pas pudeur et froideur, réserve et désintérêt. Quand une femme slave est silencieuse ou moins expressive, demandez-vous d’abord si c’est la situation qui demande de la retenue, avant de conclure qu’elle est distante. Posez des questions ouvertes. Soyez patient avec le temps qu’il faut pour ouvrir certaines portes.
Troisième conseil : prenez l’intérêt pour sa culture au sérieux. Pas un intérêt de façade — “ah, vous faites la soupe aux choux” — mais un intérêt réel pour ce qu’elle a grandi à valoriser, ce qu’elle a perdu en quittant son pays, ce qui lui manque. Les femmes slaves qui se sentent reconnues dans leur culture, pas seulement acceptées malgré elle, s’épanouissent dans leurs relations françaises.
Et un quatrième que j’ajoute toujours : lisez autour du sujet des couples interculturels. Pas pour appliquer des recettes, mais pour comprendre que vous n’êtes pas face à un caractère individuel mystérieux — vous êtes face à une culture. Et la culture, ça s’apprend.

L'erreur la plus fréquente : l'idéalisation
Claire Vasseur : Après 15 ans de pratique, quelle est l'erreur que vous voyez le plus souvent chez les hommes français en couple avec une femme slave ?
Marina Volkova : L'idéalisation, sans aucun doute. Ce n'est pas une erreur malveillante — elle vient souvent d'une réelle fascination, d'une attirance sincère. Mais l'idéalisation est destructrice pour deux raisons.D’abord, elle nie la réalité de la personne en face. Quand un homme dit “les femmes russes sont douces et dévouées”, il ne parle pas de sa compagne — il parle d’une construction mentale. Sa compagne, elle, est une personne avec des contradictions, des mauvais jours, des opinions tranchées et parfois des comportements qui dérangent. Le jour où la réalité brise l’idéal, la déception est violente et injuste pour les deux.
Ensuite, l’idéalisation place la femme dans une position impossible. Elle doit être “la femme russe parfaite”, répondre à un fantasme culturel, se conformer à un rôle que ni elle ni aucune femme réelle ne peut tenir. J’ai des patientes qui me disent avoir eu honte, pendant des mois, de ne pas correspondre à l’image que leur compagnon avait d’elles.
La clé, c’est de traiter sa partenaire slave comme on traiterait n’importe quelle partenaire : avec curiosité pour sa singularité, respect pour ses limites, et la patience d’apprendre à la connaître pour ce qu’elle est, pas pour ce qu’on espère qu’elle soit.
Le portrait que nous avons publié sur ce que les femmes russes pensent réellement des hommes français montre l’autre côté du miroir — je le recommande.
Quand consulter un psychologue de couple ?
Claire Vasseur : À quel moment un couple franco-slave devrait-il consulter un professionnel ?
Marina Volkova : Beaucoup plus tôt que les couples ne le font. En France, on a encore tendance à voir la thérapie de couple comme un dernier recours, un aveu d'échec. C'est une erreur de perspective.Pour les couples interculturels en particulier, je recommande une consultation préventive dès les six premiers mois de vie commune. Non parce qu’il y a un problème, mais parce qu’avoir un espace tiers pour mettre des mots sur les différences culturelles, comprendre pourquoi certaines réactions semblent incompréhensibles, peut éviter des années de malentendus accumulés.
En pratique, je dis : consultez dès que le même malentendu revient plus de trois fois sur le même sujet. Pas parce que vous vous battez — mais parce que trois répétitions signifient que vous n’avez pas encore les outils culturels pour le résoudre seuls.
Les sujets les plus fréquents qui amènent des couples franco-slaves en consultation : la gestion de la belle-famille (surtout la mère slave), la sexualité après l’installation en France, la question des enfants élevés dans quelle culture, et le rapport à l’argent. Ce ne sont pas des problèmes de couple au sens strict — ce sont des négociations culturelles qui demandent un espace de parole structuré.
Questions rapides : les idées reçues
“Toutes les femmes russes veulent partir de Russie” Faux. Beaucoup de femmes russes qui vivent en France y sont venues par amour ou par opportunité professionnelle, pas par rejet de leur pays. Idéaliser la France à leurs yeux est aussi une erreur.
“Une femme slave aime qu’on lui ouvre la portière et qu’on paie l’addition” Vrai, mais moins systématiquement qu’on ne le croit. Les générations nées après 1990 ont des attentes plus nuancées. Ce geste est apprécié s’il est sincère, pas s’il est mécanique ou condescendant.
“Une femme ukrainienne fuit le conflit, elle cherche juste la sécurité” Partiellement faux. Certaines fuient effectivement un contexte de danger. D’autres sont venues en France pour des raisons entièrement indépendantes du conflit. Réduire chaque femme ukrainienne à une réfugiée est une simplification blessante.
“Les femmes russes sont obsédées par le mariage” Faux, et de plus en plus faux. Le mariage reste une étape importante culturellement, mais les femmes russes de moins de 40 ans intègrent de plus en plus des modèles de vie variés — y compris des unions libres ou des projets de vie sans enfants.
“On peut juger une femme slave par sa famille” Faux comme jugement définitif, mais vrai comme indicateur. La relation à la mère est un révélateur de dynamiques importantes. Mais la femme n’est pas sa mère, et son histoire personnelle peut être très différente du modèle familial.
“Les femmes russes ne montrent pas leurs sentiments en public” Vrai en général, mais très variable selon la personnalité et le contexte. Paris change les femmes. Beaucoup s’adaptent aux codes affectifs français progressivement.
“Une femme slave cherche un homme qui subvient à ses besoins” Faux comme projection générale. Les femmes slaves que j’accompagne sont souvent très autonomes financièrement et mal à l’aise avec l’idée d’une dépendance économique. Elles valorisent l’égalité dans la contribution, même si les rôles peuvent être différents.
Conclusion — les 3 choses à retenir
Marina Volkova : Si je devais résumer en trois points ce que quinze ans de pratique m’ont appris sur les couples franco-slaves :
Premièrement : la différence culturelle n’est pas un obstacle, c’est une ressource — à condition de la nommer et de ne pas la nier. Les couples qui réussissent ne sont pas ceux qui ont “effacé” les différences, mais ceux qui ont appris à les rendre compréhensibles l’un pour l’autre.
Deuxièmement : le caractère d’une femme russe ou ukrainienne n’est pas un caractère “de femme slave”. C’est le caractère d’une personne singulière, formée par une culture, une histoire familiale, une trajectoire personnelle. Commencez par la culture pour comprendre le contexte — mais finissez toujours par la personne.
Troisièmement : la patience est un investissement, pas une résignation. Les relations interculturelles demandent plus de temps pour s’installer, plus d’efforts pour se comprendre, mais elles offrent aussi une profondeur et une richesse que les relations monoculturelles atteignent moins souvent. Les couples les plus solides que je voie en consultation sont souvent franco-slaves.
Questions fréquentes
Les femmes russes ont-elles vraiment un caractère froid ?
Non, c’est un mythe. Les femmes slaves ont une vie émotionnelle riche mais expriment leurs sentiments autrement que les Françaises. La retenue en public est culturelle, pas un manque de chaleur. Dans l’intimité, cette réserve disparaît généralement une fois la confiance établie.
Quelle est la principale différence de caractère entre une femme russe et une femme ukrainienne ?
Depuis 2022, les identités se sont nettement séparées. Les femmes ukrainiennes expriment davantage leur indépendance et leur attachement à leur identité nationale distincte. Les femmes russes en France naviguent souvent une tension entre leur culture d’origine et sa perception en Europe. Les deux méritent d’être connues pour ce qu’elles sont, pas pour ce que les événements géopolitiques projettent sur elles.
Comment un homme français peut-il mieux communiquer avec sa compagne slave ?
En apprenant à lire les signaux non verbaux, en posant des questions ouvertes plutôt que des questions fermées, et en montrant sa constance par des actes plutôt que par des déclarations. La fiabilité est un langage d’amour très valorisé dans les cultures slaves.
Les femmes slaves s’adaptent-elles facilement à la vie en France ?
L’adaptation se déroule généralement en trois phases : une lune de miel, puis un choc culturel (souvent vécu comme une solitude profonde), puis une intégration progressive. Ce processus peut durer de 2 à 5 ans selon les personnes. Le soutien du compagnon français pendant la phase 2 est déterminant.
Est-ce utile de consulter un psychologue de couple dans une relation franco-slave ?
Très utile, et de préférence de façon préventive. Les couples interculturels bénéficient d’un espace tiers pour dénouer les malentendus culturels avant qu’ils ne deviennent des conflits récurrents. Une consultation dans les six premiers mois de vie commune est recommandée.